io Recherches sur l’origine ques. Pourquoi, dit Lanfranc, (a) y a-t’il aujour- d’hui de la différence entre un Phyfaien & un Chirurgien*. C’eft que les Phyïiciens ont abandonné aux Laïques les opérations manuelles ; c’étoient ces Laïques qui étoient les vrais Médecins, dit un ancien Anonyme dont nous avons rapporté le paffage, choient eux y dit-il, & non les Clercs qui étoient maures en l'expérience .
Ces Médecins Laïques furent féparés des Phyficiens 1 comme des hommes impurs; leur fçavoir &c leur longue expérience furent des titres inutiles, on leur re- fufa opiniâtrement l’entrée de l’Univerfité. Les préjugés de notre Nation formèrent fans doute cet obfta- cle; la raifon ne pouvoit pas infpirer une telle exclu- iion. Les Univerfités d’Italie (b) fuivorent des idées: qui étoient bien plus jufles; ces Académies ne'trouvèrent rien dans la Chirurgie, qui ne fut digne de leur fuffrage. Ce ne fut point par grâce, mais par eftime qu’elles l’adopterent; les honneurs qu’elles lui accor-
(a) Telles (ont les paroles de Lanfranc : o Detts quare fit hodie tanta dijferentia inter Phyficum & Cbirurgum , nift quoniam Pbyfic't ma- malem operationem laïc'ts reliquerunt, aut quoniam t ut dicunt, quidamoperari manibus dedignantur i aut t quoi ma- gts credo , quoniam operationis mo- dum necejfarium non noverunt ? Pour ce qui eft du paflage d’un de nos Ecrivains Anonymes , on peut le voir Fol. C. pag. 28. Il n’eft pas traduit littéralement; nous en avons rapporté le commencement.
(b) Les Univerfités d’Italie ont dans tous les temps adopté les Chirurgiens , Mariànus Sanctus ,
‘étoit Doéteur dé rUniverfité der Padoue , Vigo , Marc - Aurele, Severin , Fabricius ab Aqua
PENDENTE , CÆSAR MaGATÜS',
Marchettis, étoient auffi Médecins, de même que bien d’autres qui ont été fort célébres.Mais ce qui fuir l’endroit que regarde cette note B^ doit s’entendre des Médecins-Chirurgiens , qui furent les feuls fou- tiens de la Médecine en Italie ^ dans le temps que les Sciences furent étouffées par la barbarie. Si les Facultés n’avoient pas reçu parmi elles les dévanciers de ces Médecins, la Médecine auroit été entièrement ruinée.