ï8 Recherches sur l'origine Docteurs devinaffent les maladies. Quelques malades plus inquiets leur envoyoient un détail de leurs maux par écrit, d’autres confultoienc par la bouche de quelque témoin oculaire de leurs fouffrances, ces Médecins fi charitables quivendoient pieufement leurs confeils. Lorfque les expofés des maladies étoient portés chez les Phyficiens, c’eft-à-dire, chez les Médecins Eccléfiafti- ques, les Chirurgiens étoient appelles en même-tems pour décider avec ces Docteurs, èc ils Ce chargeoienude la conduite des remèdes 6e des maladies \ ces confulta- tions, qu’on peutappeller aveugles, n’étoient pas abolies a la fin du quinziéme fiecle. (a) La Médecine n’étoit donc alors qu’une Médecine judiciaire ou deVinatoire , femblable dans Tes dédiions à cette Aftrologie, qui lit dans les aftres ce qui peut en impofer a l’ignorance 6c à la crédulité.
Les maladies n’étoient donc conduites dans ce tems^ là que par les Médecins-Chirurgiens ; (b) c’étoicnt eux feuls qui voyoient les malades, qui jugeoient de leurs maux, qui en examinoient les circonftances, qui dé- cidoient de l’application de tous les remèdes. Ce n’étoit donc qu’entre les mains des Médecins-Chirurgiens qu’on trouvoit les fecours de l’expérience ôc de la théoriej les Phvficiens étoient comme ces fcavans
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(a) Selon un de nos Ecrivains de ce tems-là, les Médecins donnoient conlèil au rapport de notre Faculté, & de là eft venue cette mode que l’on paye le conlèil du Médecin à chaque fois qu’on lui porte Turine d’un malade, comme encore en ma jeunefle je Tai vû pratiquer.
(b) Et eft illud tempus quo Meii- (i-Chirtirgi Mjrthativocabmtur ,fed
uno omnium ajjenfu Clerici contempla - tionibus & conduitaùontbus fuere attentif & Medici-Cbirurgi totam me- dicinam faciebant , & exercelant Lutetia ; quia Clerici non accerfebantur ad agros ; fed tantum conjîlium in eo - rum domibus petebatur . Vol. C. pag a 28. de nos Regiftres. Nous trouvons dans le même volume page 25. la confirmation de ce paffage Latin»