de la Chirurgie, 17

de donner des confeils fur les maladies : la vifite des malades dans leurs lits ou dans leurs maifons leur étoic interdite > les maladies honteufes ou les maux at­tachés aux femmes, bleffoient félon eux la dignité Sacerdotale. Les Phyficiens renfermés dans des bor­nes fi étroites, auroient joui d’un loifir que le Public auroit troublé rarement, s’ils n’euffent eu recours à une efpece de charlatanerie. Sous les apparences d’une piété qui n’étoit pas défintérelfée, ils étalerent d’abord leurs fecours dans l’Eglife de Notre-Dame. ( a ) Quel­ques malades fe traînoient jufqu’au Parvis pour fe pré- fenter aux Médecins: ceux à qui des maux preffans ne permettoient pas de fe tranfporter dans ce lieu, y en- voyoient leurs urines Ôc leurs excrémens, pour que les

& plus expreflement, & qu’elle fut interdite meme à ceux qui n’étoient pas encore Prêtres dans l’Univerfi- té, ou fimplemenc Célibataires; il paroît par cette citation que le Pape Boniface qui n’étoit guéres d’in­telligence avec Philippe le Bel, établit cette réparation, qu’un Pape fïégeant à Avignon la confirma, & que Philippe le Bel l’adopta.

(a) Hemereeus a prouvé que les Médecins enfeignoient au Par­vis de Notre-Dame, en une maifon où il y avoit eu des étuves, entre l’Hôtel-Dieu & la maifon de l’Evê­que. Nous trouvons auffi dans nos Regiftres les paroles luivantes : Avant que les Médecins allaient voir les malades au logis , ( car en ce tems - la & à mon avènement a la Chirur­gie t on confultoit les Médecins chez, eux ) on portoit l'urine à m Médecin pur en juger *, on lui bailhit un Ca-

rolus pour ce qu’/7 ordonnoit une Medecine de Succo Rofarwn. J’ai vû Maître Tacquet Doéteur de Pa­ris , qui avoic trois crocs : en l’un étoient enfilées des recettes de Mé­decine de Succo Rofarum & de Di a - carthami ; au fécond étoient des Or­donnances pour des fatgnées ; & au troifiéme pour des cli(lére* : or quand par une petite fenêtre qu’iî avoir à fa Salle, (comme ont encore plufieurs Médecins, ( M. Thi­bault eft le dernier qui en a ufé ainfi ) il avoit jugé ce qu’il fàlloit au malade , il droit de l’un des crocs, la recette pour la faignée ou pour la médecine ; ainfi ils ga- gnoient leur vie honorablement ; au lieu qu’aujourd’hui ils veulent aller voir les malades, & pour un Carolus qu’ils avoient, ils ont un quart d’écu , vol. C. feuillet z6. an revers , & au feuillet zq.

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