de Chirurgie. 7

lArt de guérir étoit également obfcur & informe. Pour former un Médecin , létude étoit un fecours inutile; la hardiefle & la témérké donnoient feules le droit de décider de la vie des hommes. Ceux qui fe vantoient dêtre initiés dans les myfteres de la Méde­cine, navoient befoin pour perfuader que de leur pro­pre témoignage > lArt de guérir, de même que la fuper- ftition, trouve toujours une reflource aflurée dans la crédulité : la foibleffe, la crainte ôz la douleur fou- mettent les hommes a ceux qui leur promettent du foulagement, ou qui les menacent de malheurs cachés, dans lavenir.

Il neft donc pas furprenant que lArt de guérir qui- nétoit alors quun Art fans art, (a) nait dabord trouver une place dans lUniverfité j peut-être même que le mépris qui bannir la Médecine de cette Acadé­mie, 11e fut pas inutile à cet Art. Ceux qui fe chargè­rent du foin des maladies eurent honte de leur igno­rance } ils penferent au moins à la cacher fous les ap­parences du fçavoir: des efprits curieux trouvèrent des; attraits dans cette Science fi utile & fi néceffaire , elle' leur parut un champ vafte, fécond & négligé ; la gloire; des anciens Médecins réveilla lacuriofité ôz lambition.. Ces grands Hommes de lAntiquité navoient pas été; des Philofophes oififs vainement occupés de fpécula- tions ; prefque tous ( b) avoient été des Sçavans éga~

Prince, que les Médecins commen­cèrent à sinfinuer dans lUniverfi- te, comme nous le ferons Voir dans la fuite : du moins nous ne con- noilïons pas de témoignages qui prouvent quils fulfent entrés aupa­

ravant dans cette Académie.

(a) An fine arte , comme on îa« dit de lAlchimie.

( b ) Les Anciens Médecins dont nous parlons étoient les Médecins. du teins. dHippocrate alors iài