\ Recherches sur l’origine ce occupoit fur tout nos premiers Sçavans > les Loix Canoniques , dont elle eft la fource 6e l’appui, furent négligéesi fi elles furent expliquées d’abord par quelques Théologiens, (a) elles ne furent enfeignées que long-tems après par des Profefleurs particuliers. Mais les Loix (b) Civiles parurent bien plus étrangères à
(a) Les Loix Canoniques n’é- toient regardées que comme une partie de la fcience de la Religion : Veft pour cela quelles furent d’abord renfermées dans la Faculté de 1 héologie. Oh appelloit ces Loix, les Decrets. I s i d o re de Seville, ou, félon M. Petau , Isidore Mercator , avoient compilé ces Decrets. Burchard Evêque de Wormes compofà enfuite un Livre, fous le titre général de De c r e t. Yves de Chai très donna après Burchard un Traité fur la même matière. Enfin Gratien en fe parant de ces travaux, fit oublier prefque entièrement leurs Auteurs, par fon Livre qui porte le titre de Decret. Son Oeuvre , dit Pasquier , n'eut pas plutôt vâ le jour , que le Pape Eu - gène III. commanda qu’il fût lu par toutes les Univerjités ; & fur le Decret de G R A t i e n , fut faite la Faculté de Decret , laquelle eft la derniere par fon établifement . Cependant pour enfeigner le Droit Canonique , on n’attendit pas que cette Faculté fut établie ; ce Droit étoit enfeigné fous Philippe-Auguste , félon le témoignage de R IG OR D , c’eft-à-dire qu’on fai- foit quelques leçons fuperficielles lùr ce Droit ; mais il n’y avoit point à Paris de Société ou de Faculté qui fît profeftion d’enfeigner une
telle fcience, & prefque perfonne ne l’étudioit. Les Decrets furent bien plus négligés dans les fuites ? car on n’en trouve prefqu’aucun veftige dans les Ecrivains qui ont parlé des Sciences qu’on enfeignoit dans l’Univerfité de Paris.
(b) 1 0 . Le Pape Honore’ IIL , fit défenfe d’enfeigner le Droit Civil en l’Univerfité de Paris : ce Droit paroilïoit donc étranger à l’Univerfité. i°. Lorfqu’on fonda l’Univer- fité à Caën, PUniverfité de Paris fit des oppofitions, & offrit d’enfeigner le Droit Civil : parconféquent elle ne l’enfeignoit pas auparavant; car (i cela eût été,l’offre auroit été inutile: il s’enfuit donc encore de là que le Droit Civil avoit paru étranger à l’Univerfité. 3 °. Cependant il paroît qu’on l’avoit enfeigné fous Philippe-Auguste; carRiGORD en parlant des Sciences qu’on enfeignoit à Paris, parle d q^ ü^ftionibus ffuris Ctvilis. De plus, on trouve aux Au- guftins l’épitaphe d’un Profeffeur des Loix : Hic jacet nobilis vir Phi- \ lippus de Vologniaco Legum Profejfor , 1317. Or Pasquier infinue que ces Loix ëtoient les Loix Civiles. Cela pourrait être ; mais où en eft la preuve ? Quoi qu’il en foit, il paroît que l’on a plutôt tenté d’enfeigner le Droit Civil qu’on ne l’a . réellement enfeigné ; il n’y a jamais