AU NOM DE LA TRÉS-SAINTE TRINITÉ.

E Roi Très - Chrétien fît le Roi de la Grande-Bretagne, animés du defir ré­ciproque de rétablir entre eux lunion & la bonne intelligence, tant pour le bien de lhumanité en général, que pour celui de leurs Royaumes, Etats & -Sujets refpedifs, ayant réiiéchi peu après la rupture entre la Grande-Bretagne «St PElpagnelur létat de la négociation de lannée pall'ée, qui malheu- reufemsnt na pas eu leffet quon seu étoit promis, ainli que fur les points en diipute entre les Couronnes de la Grande-Bretagne fît dEfpagne, Leurs Majeftés Très-Chrétienne fît Britannique, ont entamé une corrcfpon- dancepour chercher les moyens dajufter les différends qui fubfiftent entre leursdites Ma­jeftés. En même temps, le Roi Très-Chrétien ayant fait part au Roi dEfpagne de ces heu- reufes dilpolîtions, Sa Majefté Catholique seft trouvée animée du même zele pour le bien de lhumanité fît celui de fes Sujets, fît réfolue à étendre «St multiplier les fruits de la paix par fon concours à de ii louables in­tentions. En coni'équence, Leurs Majeftés Très-Chrétienne, Britannique fît Catholique, ayant mûrement conlîdéré tous les points ci- deffus, ainli que les différais événemens fur- venus pendant le cours de la prélente négo­ciation, font convenues dun commun ac­cord des Articles ci-après, qui ferviront de bafe au Traité de paix futur. A leffet de quoi Sa Majefté Très-Chrétienne a nommé fît autorifé le iieur Cefar-Gabriel deChoifcul, Duc de Praslin, Pair de France , Chevalier de les Ordres, Lieutenant-Général de fes Ar­mées, Confeiller en tous fes Confeils, & Mi- niftre fît Secrétaire dEtat fît de fes Coinman- demens «St Finances ; Sa Majefté Britannique le iieur Jean Duc «St Comte de Bedford, Mar­quis de Taviftock, fîte. Miniftre dEtat du Roi de la Grande-Bretagne, Lieutenant-Gé­néral de fes Armées, Garde de fon Sceau Privé, Chevalier du très-noble Ordre de la Jarretière, «St Vfiniftre Plénipotentiaire de Sa Majelté Britannique près Sa Majelté Très-

Chrétienne; fît Sa Majelté Catholique a pa­reillement nommé fît autorifé Don Jérôme Griirlaldi, Marquis deGriinaldi, Chevalier des Ordres du Roi Très-Chrétien, Gentil­homme de la Chambre de SaMajeffé Catho­lique avec exercice, fît fon Ambaffadeur Ex­traordinaire près de Sa Majelté Très-Chré­tienne; iefquels, après sêtre duemenc com­muniqués leurs pleins pouvoirs en bonne forme, font convenus des Articles fuivans. Article Premier.

Aulfi-tôt que les Préliminaires feront lignés fît ratifiés, lamitié lincerc fera rétablie entre Sa Majelté Très-Chrétienne fît Sa Majelté Britannique ; fît entre Sa Majefté Britannique fît Sa Majefté Catholique, leurs Royaumes» Etats fît Sujets, par mer fît par terre, dans toutes les parties du monde. 11 fera envoyé des ordres aux Années fît Efcadres, ainli quaux Sujets des trois Puiffances» de ceffet toute hoftilité, fît de vivre dans la plus par­faite union, en oubliant le paffé, dont leurs Souverains leur donnent lordre fît lexemple, fît pour lexécution de cet Article, il fera donné de part fît dautre des paffeports de mer aux Vaiffeaux qui feront expédiés pour en porter la nouvelle dans les poffeffions rcfpe- dives des trois Puiffances.

Article IL

Sa Majefté Très-Chrétienne renonce à tou­tes les prétentions quElle a formées autre­fois ou pu former à la Nouvelle-Ecoffe ou lAcadie, en toutes fes parties, fît la garantit toute enticre, fît avec toutes fes dépendances, au Roi de la Grande-Bretagne. De plus, Sa Majefté Très-Chrétienne cede fît garantit à Sadite Majefté Britannique, en toute pro­priété, le Canada avec toutes fes dépendan­ces, ainli que lIslc du Cap Breton & toutes les autres Islesdans le Golfe «St Fleuve Saint- Laurent, fans reftridion fît fans quil foitlibre de revenir fous aucun prétexte contre cette ceffionfît garantie, ni de troubler la Grande- Bretagne dans les poffeffions fufmentionnées. De fon côté Sa Majefté Britannique convient A z

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