Afi Le Congres des Bêt es.
Le Loup . Je (ouhaite qu’il ne lui arrive pas de rencontrer dans Ton chemin le Renard qui > pour ce qui nous regarde , lui fuggereroit plus d’inimitié que d’Amitié,
La Loutre. Ne craignez pas qu’il devienne amoureux du Renard contre lequel il a une Antipathie naturelle. Ma plus grande appréhen- fion eft qu’il ne devienne amoureux, fou de lui même & qu’il ne foie tombé en chemin dans quelque étang où il fe feroit regardé dans fon nouvel équipage. Hé, hé.
Le Cheval. Je ne puis pas répondre de la conduite qu’il a teuuë en dernier lieu. Il eft devenu fi extraordinairement fantafque. Comment croyez-vous qu’il enaufé avec moi il n’y a paslongtems dans une Compagnie d’amis particuliers, qui avoient été du même avis que moi d’avancer l’Ouvrage de la paix auffi vigoureu- fement qu’il étoit poffible? Il me grimpa fur le dos , & me jura que s’il falloir faire la
paix, il étoit néceflaire de le porter au Congrès.
La Tlgrejfe Comment fupportâtes • vous cet injure ?
Le Cheval , De la même manière qu’une femme prudente ioufifriroic l’impertinence d’un mari qui la force. Je badinai de l’idée qui lui étoit venue , & je la tournai en plaifanterie
pour amufer la Compagnie. Mais quand nous fumes leuls je le repafi'ai comme il faut.
La