44 Lf Congres des Betes.
SCENE VI IL
1
Le Renard . Voilà comme les plus Braves font battus par des mal adroits. Qui auroit pu foupçonner un Animal fi ftupide d’avoir de l’adrdfe & d’avoir de fi malignes intentions ?
Mais je le mérite bien 'pour avoir pris confeil du Singe qui, fans doute, avoit un intérêt ap- parant pour m’engager à me moquer de VAne.
Ce petit Viiain là a toujours des détours pour parvenir à fes fins. 11 a plufieurs voyes pour fomenter une rupture entre l’Ane 8c moi.
Si je puis par fon moyen me débaralfér de VOurs , il faut que pendant un certain tems je falîe ce qu’il veut. Mais quand j’aurai fini cette Guerre, il faut que j’imagine quelque Q moyen de i’abbaifier avant que j’en commence \ nnc autre. Autrement je l’aurai toujours dans * mon chemin pour parvenir à cette autorité 5k à cette influence que j’ai en vue. Si je pouvois confondre nies ennemis & finir heu- reufement cette Guerre > je n’aurois pas be- foin d’en faire une autre. Mais fi je ne réu- fis pas tant pour donner la Loi à tous mes Voifins, que pour conferver mes Conquêtes, je céderai auffitôt de faire la Guerre, afin de pouvoir plutôt en recommencer une autre , par laquelle je me propofe de me mettre en pleine & paifibîe pofieflion de ce que je tiens aujourd’hui. Ah ! fi je ne puis pas faire ar- )
ï&çP Congrès, il me fera d’un grand ob-
Bade