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antres, le départ dn Roi aura lieu, mais la fa­mille royale narrivera pas à sa destination. Lescorte qui, en grande partie, sera composée de la milice , sera attaquée par des partis din­surgés, et les princes arretés ou enlevés. La vérité est quune foule considérable danciens mi­litaires témoignent hautement, ainsi que beau­coup de particuliers, leur mécontentement ; que, dan-s les environs de Madrid , nous avons plu­sieurs partis dinsurgés qui, par leurs manœu­vres, ne semblent attendre que linstant dagir.

Ces-considérations ne paroissent nullement ar­rêter le gouvernement ; il fait emballer tous les ©bjets précieux;, et bien qu'il dise avoir les fonds nécessaires pour le voyagé , on croit quil frap­pera une contribution extraordinaire sur la classe de la grandesse.

Quarrt aux eortès, il paroîtroît quayant scruté F opinion qui les accusoit de soccuper plus de leur salut que de celui de la nation , et craignant pour Madrid, après leur départ, des troubles dangereux pour le système, ils penseroient à iester en cette ville jusquau moment de lin­vasion, quils regardent ici comme certaine et comme pr ochaine ; ce qui alarme généralement.

Cette dernière détermination des eortès pa- roît laisser encore quelque espoir, surtout de­puis la nouvelle des mouvemens contre-révolu­tionnaires dn Portugal, et suffit pour retarder le départ de lord Fiïzioi.

On attend dun moment à lautre lÂbisbal. Ce général inspire beaucoup de soupçons. Les uns assurent quil a résisté , à plusieurs reprises, aux ordres qui lui ont été donnés de se rendre ici; quaprès le départ, il y commandera avec des pleins-pouvoirs; il paroit avoir perdu du mondé ; il y auroit eu désertion à lennemi. La 1 Manche nest pas tranquille; elle refuse de four- »ir les hommes demandés. On craint dappren- flre la même nouvelle de plusieurs points dans le royaume de Valence. Les jeunes gens fuient de chez enx pour ne pas servir et les marins refusent de se rendre à Carthagène.

Le gouvernement na pas une obole, et les mesures dont il fait tant de bruit sen ressentent; ce quil a du donner à Balesteros en partant la. mis à sec. II paroit effectivement que les géné­raux avoient désigné Badajoz pour un des points, de retraite, mais que le ministère sest déter­miné pour Séville. On attendoit aujourd'hui même ïAbisbab

Le Roi souffre beaucoup la gou tte ; il paroit que les médecins ont déclaré qu i! ne pouvoir souffrir un. déplacement. La Heine est de même. On assure que le gouvernement pourra a peine disposer de 2100- hommes pour ie voyage, la plus grande partie de milice..

P. S. On annonce a linstant que lun des complots contre la sortie du Roi a été découvert dans la journée.

La réponse au discours douverture des eortès a été discutée et approuvée dans la séance du 3 , pendant laquelle plusieurs propositions relatives aux circonstances actuelles ont été fai­tes , admises à discussion , et renvoyées aux commissions respectives. Voici les plus mar­quantes :

» Quil soit accordé des pouvoirs extraordinai­res aux députations provinciales des provinces envahies ou en danger de lêtre , et quà cet ef­fet une commission soit chargée de présenter avec urgence un projet de loi; quon présente aussi un projet de loi sur les secours qui de­vront être accordés aux gardes nationaux et à leurs familles , qui pourroient être forcés , par suite dune invasion , à quitter leur séjour et à suivre le gouvernement ; que les guérillas étant le moyen plus sur de défense, le gouvernement détermine le plan pour tout ce qui les concer­nera, et consulte les eortès pour ce qui se trou* veroit dans leurs attributions ; que les députa­tions provinciales, daccord avec les généraux des divisions territoriales, mettent de suite sur un pied uniforme la garde-nationale active de leurs provinces; que lon autorise le gouverne­ment à former en bataillons les gardes nationaux de Madrid, non maries, qui voudront le suivre, et que les eortès hxent les récompenses qui leur seront décernées par la suite. »

La proposition suivante a été admise à discus­sion et adoptée séance tenante r

* LEspagne étant à la veille dêtre envahie par une armée étrangère, les eortès devront auto­riser le gouvernement à prendre, avec tout le secret et la célérité possible, les mesures les plus efficaces pour faire déposer dans les places for­tes quil jugera convenables les effets d'or et dargent et les pierreries des églises et des cou­verts, afin quelles ne deviennent pas la proie des ennemis extérieurs ou de la cupidité des en­nemis intérieurs. »

Les eortès ont également décrété dans cette séance, quils s'oecuperoient de préférence de tout ce qui pourroit être relatif au changement du siège du gouvernement , vu lurgence de cette translation.

Dans la séance du 4 , les eortès ont décrété qu'ils recorumanderoient au gouvernement la conclusion du traité d alliance avec le Portugal.

De Paris , le 14 Mars .

La rente sest ouverte aujourdhui fort en baisse. Le comptant étoit peu abondant; il a été ferme à 76 fr. 75 c - » fi 51 * a été le cours le plus bas. La fin du mois a été fermée à 77 fr, 33 c.