JOURNAL DE FRANCFORT.
Du MERCREDI , 19 Mars 1823.
De Londres , le 11 Mars.
Les 3 pour cent consolidés ont ouvert ce matin à 74 à midi, ils étoient montés à 74 3 /s* La rareté de l’argent prouve que l’on a fait des achats considérables pendant la baisse extraordinaire qui a eu lieu. Les bons d’Espagne de 1821 sont montés à 30 V 4 .
Nous sommes peinés d’annoncer que le Roi a une nouvelle attaque de goutte, mais beaucoup moins forte que la dernière ; cette fois, la goutte n’est pas aux pieds, mais à la main. On attribue son retour au changement soudain que nous avons éprouvé le 7 dans la température ; il est tombé ce jour-là plus d’un pied de neige; la goutte s’est manifestée dans la soirée du même jour. Comme les symptômes sont favorables , on espère que cette attaque sera de courte durée.
— Hier , la chambre des communes s’étant formée en comité de subsides , sur la proposition de lord Palmerston, ministre de la guerre, M. Hume se plaint de ce que les réductions promises sont illusoires, puisqu’elles ne montent qu’à 18 mille liv. st. Il annonce une vive impatience de connoître le budjet de la marine , afin de savoir si l’on n’y a pas procédé avec plus d’économie.
Le colonel Davies demanderoit aussi de fortes réductions dans d’autres circonstances ; mais il croit nécessaire de faire un grand déploiement de forces dans un moment ovi la guerre paroît non seulement inévitable entre la France et l’Espagne, mais même entre l’Angleterre et la France.
Violens murmures du côté ministériel ; on Crie : non / non /
Sir William de Crespigny témoigne une extrême surprise de ce qu’un membre , de sa propre autorité, se permet de répandre 1 alarme dans la nation en annonçant la guerre comme si elle étoit irrévocablement résolue.
Le colonel Davies avoue qu’il n’a exprimé que Ses voeux personnels pour les espagnols.
Les memes voix du cubé ministériel : Point de gueire! neutralité absolue!
Les articles proposés par le ministre sont adoptés sans division.
— Dans la séance du 7 > M.Peel a demandéla permission de présenter un bilî à l’effet d’autoriser les souverains à disposer des propriétés
dont ils jouissoient avant leur avènement au trône. M. Hume ayant demandé si ce bilî compren- droit les propriétés dont S. M. a hérité au décès du feu Roi, M. Peel a dit qu’il s’appliqueroit seulement aux propriétés que le Roi régnant pos- sédoit lorsqu’il est moiUé sur le trône.
De Pe'tersbourg, le 1 er Mars.
L’Empereur habite alternativement le palais d’hiver et Czarskcjeselo. Le grand-duc Constantin a fait en 96 heures le trajet de Varsovie ici. Le lendemain de son arrivée, les généraux, le corps d’officiers des régimen3 de la garde et du corps des cadets ont été présenter leurs hommages à ce prince.
M. le chancelier d’empire comte deRomanzow est arrivé ici ; il n’épargne ni soins ni dépenses pour les progrès des travaux relatifs à l his- toire de la Russie.
La compagnie russe-américaine expédiera de nouveau , à la fin de l’été, deux bàtimens de Cronstadt pour ses colonies sur les côtes nord- ouest d’Amérique.
Le commerce n’a que peu d’activité. On continue les recherches relativement à la contrebande qu’on a découverte. Trois maisons de cette capitale ont acheté du gouvernement tout le cuivre qu’il avoit à sa disposition, et qui montoit à 250,000 puds, à raison de 29 roubles le pud.
L’or en barres, provenant de l’emprunt Rothschild, qu’on a transporté par terre, est arrivéici. De tienne, le 12 Mars.
Les métalliques ont été cotées aujourd’hui à 80 Va* — Les actions de la Banque à 896 l fs*
De Madrid , le 5 Mars.
Tout a changé d’aspect dans la capitale ; le Roi et sa famille doivent partir du 10 au 11 du mois, non pour Badajoz, mais pour Séville. Les cor- tès les suivront le 15*
Les personnes nouvellement nommées au ministère vont donner leur démission , et les anciens ministres, à force de menaces et d’intrigues , sont parvenus à intimider le Roi an point de lui faire prendre une résolution à laquelle jusqu’ici il s’étoit opposé, et qui a été approuvée sans délai par la chambre (séances des 2 et 3) * et qui, du moins pour le moment, paroît devoir les maintenir en place. La ville est dans la consternation.
Selon les uns, le Roi ne partira pas ; selon les