E LA CHIRURGIE." tÏTj

Louvrage de notre Auteur eft donc bien différent de certains Livres fpéculatifs qui font toute la réputa­tion de quelques Auteurs» il neft pas produit par le feu de l'imagination , au contraire il eft au milieu de la pratique la plus féconde& la plus variée. Ce grand homme nétoit pas borné à une feule partie de la Chirurgie, toutes lui étoient également foumifes; il avoit fuivifon Maître Ambroise Pare* en diverfes guerres, le Public donnoit à Guillemeau, comme à ce grand Maître, une confiance fans bornes. Une yafte expérience lui a ouvert toutes les richeffes de l'Art; elles font répandues, fur-tout dans le Traité des Opé­rations, ouvrage qui eft écrit avec précifion., & quon peut regarder comme un fupplément ôc une correc­tion des Livres de Pare. Ce qui eft échappé à cePere de la Chirurgie eft éclairci dans cet ouvrage : par exem­ple > Guillemeau détaille exactement des opérations enfevelies dans loubli, décrites groffiérement, entre- prifes rarement, tentées par des mains timides ; il au- torife par fon expérience les trépans fur les futures Sc fur les tempes ; enfin ce grand Chirurgien a facilité l'extraction des baies, foit quelles fuffent cachées dans les chairs, foit quelles euffent pénétré dans la fubftan- ce des os, foit quelles fuffent dans linterftice des join­tures. Ses préceptes fur tous ces cas font le fruit dun nombre prodigieux dexpériences, de elles nétoient connues que de lui feul.

Il fembloit quon vît renaître ces tems les Arts libéraux étoient entre les mains des Rois de des Prin­ces ; des hommes diftingués sappliquoient à la Chi- jrurgie* leur naiffance tiroir un nouvel éclat de iexerci-

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