DE LA CHîRU.RGIË. 159
heureufement pour lui, il avoit une maladie dangereu- fo le détail n’en eft pas bien connu, l’ignorance des tems l’aobfcurci ; la defcription qu’en ont donnée les Hifto- riens ejft confufe ou contradi&oire, on y entrevoit feulement que ce miférable avoit la pierre > mais étoit-elle dans les reins ou dans la veflie? c’eft ce qui n’eft décidé par aucun témoignage. Plufieurs s’imaginent que cette pierre étoit placée dans le rein*, Mezeray l’aflure fans aucun fondement; mais des Ecrivains plus anciens que lui ne font pas aufli décififs ; ils marquent que cette maladie étoit commune : on avoit donc des fignes certains qui l’annonçoient. Or, dans ces tems ténébreux de l’anatomie, la pierre des reins ne fe mon- troit que fous des lignes obfcurs : ces parties étoient prefque inconnues, on n’étoit ni alfez éclairé ni alfez téméraire pour chercher les pierres parmi les vifcéres. Cette opération jugée aujourd’hui impolïible par nos plus grands Maîtres, ne pouvoir donc, dans ces tems grolîiers, ni fe préfenter a l’efprit ni être tentée avec fuccès; ainfiil paroît évident que ce Criminel avoit un calcul dans laveflie. Quoi qu’il enfoit, il ne dut la vie qu’a fa pierre. L’opération qui pouvoit le délivrer de fes maux fut la feule punition de fon crime ; c’étoit un elfai qui paroilfoit cruel \ on ne voulut pas même y foumettre ce miférable par la violence, on le lui propofa comme à un homme libre, & il le choifit. On ne négligea aucune précaution pour alfurer le fuccès de cette épreuve, on voulut en charger un des plus grands Chirurgiens, & ce fut fur Germain Colot qu’on jetta les yeux. Il tenta cette opération avec une hardielfe éclairée 3 qui dévoie donner de grandes
Kk ij