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heureufement pour lui, il avoit une maladie dangereu- fo le détail nen eft pas bien connu, lignorance des tems laobfcurci ; la defcription quen ont donnée les Hifto- riens ejft confufe ou contradi&oire, on y entrevoit feule­ment que ce miférable avoit la pierre > mais étoit-elle dans les reins ou dans la veflie? ceft ce qui neft déci­ par aucun témoignage. Plufieurs simaginent que cette pierre étoit placée dans le rein*, Mezeray laflure fans aucun fondement; mais des Ecrivains plus an­ciens que lui ne font pas aufli décififs ; ils marquent que cette maladie étoit commune : on avoit donc des fignes certains qui lannonçoient. Or, dans ces tems ténébreux de lanatomie, la pierre des reins ne fe mon- troit que fous des lignes obfcurs : ces parties étoient prefque inconnues, on nétoit ni alfez éclairé ni alfez téméraire pour chercher les pierres parmi les vifcéres. Cette opération jugée aujourdhui impolïible par nos plus grands Maîtres, ne pouvoir donc, dans ces tems grolîiers, ni fe préfenter a lefprit ni être tentée avec fuccès; ainfiil paroît évident que ce Criminel avoit un calcul dans laveflie. Quoi quil enfoit, il ne dut la vie qua fa pierre. Lopération qui pouvoit le délivrer de fes maux fut la feule punition de fon crime ; cétoit un elfai qui paroilfoit cruel \ on ne voulut pas même y foumettre ce miférable par la violence, on le lui propofa comme à un homme libre, & il le choifit. On ne négligea aucune précaution pour alfurer le fuccès de cette épreuve, on voulut en charger un des plus grands Chirurgiens, & ce fut fur Germain Colot quon jetta les yeux. Il tenta cette opération avec une hardielfe éclairée 3 qui dévoie donner de grandes

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