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Le Prévôt de Paris reçoit les fer mens des nouveaux Maîtres, leur permet lexercice de leur Art, déclare quils font reçus félon les régies; ceft-à-dire que dans les exercices, dans les examens, dans les grades, dans les Statuts des Chirurgiens, il ny a rien qui ne foit au- torifé par les loix de lEtat, ôc que tout y rappelle les privilèges Ôc la police des Corps fçavans.

Voilà le premier période de la Chirurgie, elle efl née parmi nous dans des tems obfcurs ; elle a été quel­que tems dans lenfance, comme toutes les autres Sciences ; mais elle nen feroit pas fortie fi les Chi­rurgiens ne lavoient formée, ôc ne lavoient enrichie par leurs travaux. Les Phyficiens toujours renfermés* dans leurs écoles, étoient peu éclairés fur lexercice même de la Médecine; ils nétoient que des Médecins* purement fpéculatifs, ôc par conféquent bien inutiles à notre Art ; ils y avoient renoncé avant quil eut pris-* quelque forme en France, ôc avant que nos Maîtres en- euflent débrouillé les principes; ils ne pouvoient donc pas le tirer de fon obfcurité; les progrès de la Chirur­gie ne dévoient donc rien aux connoiflances ni aux foins des Médecins. Jufquà S. Louis elle a été, pour ainfi dire, errante ôc fans chef, cefl: Pitard feul qui a tenté de la fixer : elle étoit abandonnée à des igno- rans ôc à des vagabonds ; cefl: Pitard qui a entrepris de la rendre à des mains plus dignes delle ôc de la con­fiance des malades; le Public ôc les Sçavans même, ne 1 doutoient pas des lumières de ceux qui sérigeoient eçi Chirurgiens : cefl: Pitard feul qui a connu la nécef- fité de confier la vie des hommes à des gens éprouvés- par des examens, douvrir lentrée de la Chirurgie aux-