DELACHIRURGrE. 77
Le Prévôt de Paris reçoit les fer mens des nouveaux Maîtres, leur permet l’exercice de leur Art, déclare qu’ils font reçus félon les régies; c’eft-à-dire que dans les exercices, dans les examens, dans les grades, dans les Statuts des Chirurgiens, il n’y a rien qui ne foit au- torifé par les loix de l’Etat, ôc que tout y rappelle les privilèges Ôc la police des Corps fçavans.
Voilà le premier période de la Chirurgie, elle efl née parmi nous dans des tems obfcurs ; elle a été quelque tems dans l’enfance, comme toutes les autres Sciences ; mais elle n’en feroit pas fortie fi les Chirurgiens ne l’avoient formée, ôc ne l’avoient enrichie par leurs travaux. Les Phyficiens toujours renfermés* dans leurs écoles, étoient peu éclairés fur l’exercice même de la Médecine; ils n’étoient que des Médecins* purement fpéculatifs, ôc par conféquent bien inutiles à notre Art ; ils y avoient renoncé avant qu’il eut pris-* quelque forme en France, ôc avant que nos Maîtres en- euflent débrouillé les principes; ils ne pouvoient donc pas le tirer de fon obfcurité; les progrès de la Chirurgie ne dévoient donc rien aux connoiflances ni aux foins des Médecins. Jufqu’à S. Louis elle a été, pour ainfi dire, errante ôc fans chef, c’efl: Pitard feul qui a tenté de la fixer : elle étoit abandonnée à des igno- rans ôc à des vagabonds ; c’efl: Pitard qui a entrepris de la rendre à des mains plus dignes d’elle ôc de la confiance des malades; le Public ôc les Sçavans même, ne 1 doutoient pas des lumières de ceux qui s’érigeoient eçi Chirurgiens : c’efl: Pitard feul qui a connu la nécef- fité de confier la vie des hommes à des gens éprouvés- par des examens, d’ouvrir l’entrée de la Chirurgie aux-