134 Recherches sur l’origine d’aiguillon. Malheureufement les encouragemensfont rares, le génie abandonné à lui-même efl: prefque toujours étouffé par la naiflance, par l’éducation, par la fortune. Parmi tant d’obftacles , les Princes feuls le peuvent faire éclore ôe le développer par leurs bienfaits; leurs regards lui donnent l’effor, c’efl en le fécondant qu’ils ont ranimé les Sciences & les Arts dans les fiecles les plus barbares.
Tandis que la Chirurgie a été abandonnée au ha- zard ou a l’avidité, elle a été dans des mains ftériles ; ceux qui l’ont profeflee ont toujours été contens des progrès de leurs prédéceffeurs, ôe encore plus d’un vil intérêt. Les plus grands efforts n’ont fait que des imitateurs ou des copiftes ; les bornes qui les ont arrêtés leur ont paru les bornes de l’efprit humain. Mais lorfque S. Louis favorifa la Chirurgie, elle s’éleva au milieu même de la barbarie ; quelques Chirurgiens raffemblerent les débris des Chirurgiens Grecs, des Romains , des Arabes ; l’étude Sc l’expérience débrouillèrent enfin cet affemblage. Par cet effort fi utile notre Art prit un nouvel éclat entre les mains des François; l’ignorance qui étouffoit depuis fi long-tems les autres Sciences, ne put Lobfcurcir entièrement > &: lorfqu’au feiziérne fiécle il trouva un nouvel appui dans la puiflance des Rois, il prit encore une autre face : des génies heureux le cultivèrent, leurs recherches en enrichirent le fonds*, en étendirent les bornes , l’éleverent fur de nouveaux fondemens ; nos Maîtres firent tant de progrès qu’ils formèrent, pour ainfi dire, un nouvel Art, qui fut fixé dans la France comme dans fa fource.